De YOLANDE à CAROLINE

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La recherche administrative

dimanche 19 octobre 2008, par Yolande BERTOUY


Quand j’ai eu accès à mon dossier c’est par la DDASS que ça c’est passé car le CNAOP (conseil national pour l’accès aux origines personnelles) n’existait pas encore...

Bien sur il a fallu plusieurs mois entre le courrier que j’ai envoyé et la réponse, puis enfin le rendez-vous ! Je sais aujourd’hui que cette attente est indispensable (même si elle est insupportable !) car cette démarche ne peut se faire QUE dans la lenteur, il faut apprendre la patience afin d’acquérir un certain détachement salutaire lors de la remise des informations sur le début de notre vie !

Le grand jour est arrivé, J’étais très en avance, j’étais venue seule, je ne voulais pas être accompagnée car ce moment n’était qu’à moi ! J’ai d’abord attendu dans la rue en regardant ce grand batiment laid sur les quais de la seine... puis je me souviens avoir téléphoné (je ne sais plus à qui, mais mes proches étaient restés à portée de voix !!!) pour tromper mon angoisse, j’avais le corp entier qui tremblait sans que je ne puisse rien maitriser.

Puis peu avant l’heure fatidique je suis montée dans les étages pour rencontrer la dame avec qui j’avais rendez-vous, j’ai encore attendu un peu qu’elle aille chercher mon dossier, et voilà gentiment elle me dit quelques mots puis ouvre avec moi ce dossier tant espéré. Après une bref présentation elle me laisse le consulter, avec tout les blancs (dût au secret) qui le compose.

Mon coeur bat à la chamade, et mes yeux sont au bord des larmes, mes mains tremblent comme des feuilles malgré tout les efforts que je fait pour l’éviter, car en plus ça me gène pour lire !!! J’apprend quand même beaucoup de chose qui vont influencer mon avenir, comme par exemple que je suis née au domicile de ma tante (cela m’a aidé plus tard à prendre la décision d’accoucher chez moi pour mon 2ème enfant !!), que le texte rédigé pour la déclaration d’abandon par ma mère à été écrit avec une écriture très malhabile, voire enfantine (ce qui m’a aidé lors des retrouvailles à accepter son état de santé mental...) enfin plein de petits détails qui peuvent parraître insignifiant pour d’autre , mais qui pour moi étaient vitaux, la taille de ma mère, la couleur de ses yeux... etc. Bref tout ça allait devoir étre digéré, et cela a pris plusieurs mois !

Pour continuer à faire avancer ma recherche je me suis inscrite dans toutes les associations qui avait un lien avec la recherche d’origine, dans le but de faire savoir à ma mère naturelle si elle voulait me retrouver que moi aussi j’étais à sa recherche. L’une des personnes que j’ai contacté à même réussit à trouver l’origine de mon "vrai / faux " acte de naissance (quand on adopte un enfant, l’administration fait un "faux légal" acte de naissance pour légitimer l’adoption en rayant la trace des origines) C’est grâce à lui que j’ai su être née en banlieue, et non à Paris (comme noté officiellement) sans pour autant pouvoir trouver le lieu exact.

Beaucoup de gens m’ont conseillé de faire le botin national puisque j’avais la chance d’avoir un nom de famille (parce que je n’avais pas été accouchée sous X, mais abandonnée après 15 jours...) qui en plus n’était pas très courrant (environ une quinzaine répartis dans toute la France)... Mais je n’ai jamais pu me résoudre à faire cette démarche, j’avais aussi appris en consultant mon dossier que j’étais d’origine "pied noir", et il n’était pas question de téléphoner à quelqu’un en lui disant "bonjour, je suis peut-être de votre famille...." Je trouvais cette démarche d’une violance inouïe, et je ne l’ai jamais faite ! (peut-être avais-je aussi peur d’être rejetée, comme abandonnée une nouvelle fois !)

P.-S.

Article rédigé le Samedi 2 juillet 2005

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